Jean-Jacques BOLZAN, Président de la Fédération des Marchés de Gros de France, a rappelé le rôle historique des marchés de gros, conçus dans les années 60 pour structurer la distribution alimentaire en France. Il a souligné leur importance actuelle dans la reterritorialisation de l’alimentation en renforçant le lien entre les producteurs locaux et les consommateurs urbains, via les grossistes et les marchés d’intérêt national (MIN).
A Montpellier, Marie MASSART, Présidente du MIN, a mis en avant la création d’un pôle de transformation alimentaire, permettant de limiter les déplacements des produits et de mieux maîtriser la chaîne alimentaire. Des entreprises locales y transforment directement leurs produits selon des critères environnementaux et sociaux rigoureux. Ce dispositif soutient les producteurs en leur offrant un accès à des infrastructures de transformation partagées.
A Nantes, Mahel COPPEY, Présidente du MIN, a présenté les actions écologiques et solidaires du MIN. 31 000 m² de panneaux solaires ont été installés pour favoriser l’autoconsommation énergétique, réduisant de 10 % la consommation d’énergie. De plus, une démarche d’économie circulaire a permis de diviser par deux la production de déchets et d’optimiser le réemploi des emballages, notamment des cagettes (70% réutilisées). Sur le volet social, 2 000 tonnes d’invendus sont redistribuées chaque année à 17 associations.
A Châteaurenard, Jérémie BECCIU, Directeur du MIN, a mis en avant le marché comme une base agro-logistique essentielle. Il facilite le maillage entre producteurs et distributeurs grâce à un pôle logistique récemment inauguré, permettant une collecte optimisée des produits agricoles et une distribution décarbonée aux cuisines centrales et enseignes locales. Ce modèle favorise une chaîne alimentaire plus efficace et respectueuse de l’environnement.
A Rungis, Stéphane LAYANI, Président du MIN, souligne l'importance de renforcer la souveraineté alimentaire en valorisant les produits locaux et en encourageant la collaboration entre les métropoles et le monde rural. De plus, Il a annoncé la réduction de 26% de l’empreinte carbone de Rungis d’ici 2030, via l’installation de panneaux photovoltaïques et la gestion optimisée des ressources en eau.
Marie MASSART a également présenté la Caisse Alimentaire Commune, inspirée de la Sécurité Sociale de l’Alimentation. Ce projet permet aux citoyens de cotiser selon leurs moyens (entre 1€ et 250€) et de recevoir 100€ utilisables dans des circuits conventionnés, choisis par un comité citoyen. Ce dispositif répond à la fois aux enjeux de précarité alimentaire et de soutien aux agriculteurs locaux.
En conclusion, l’ensemble des initiatives présentées lors de l’interview démontre que les marchés de gros de France s’adaptent aux enjeux contemporains. Alliant souveraineté alimentaire, écologie et solidarité, ils jouent un rôle pivot dans la transition vers un système alimentaire plus durable et résilient. La collaboration accrue entre les marchés et l’innovation logistique ouvrent la voie à un avenir où l’alimentation sera à la fois locale, éthique et accessible à tous.